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Amish Morrell, for How to Draw Winter, a solo exhibition by Diane Borsato at VU, Quebec City, 2006.On Transcendent Drawings (A French translation follows.)In one piece from the series The Winter Drawings (2005), a group of girls at Marymount Public School in the Cote des Nieges neighborhood of Montreal, are gathered in the parking lot. They are wearing tough, goth-style clothing and makeup, and are holding up a menacing burst of orange flame. The text that accompanies the photograph offers the simple fluxus-style instructions for making what Diane Borsato calls A Transcendent Drawing. It reads “Set a single piece of sketchbook paper on fire and watch it burn up into the sky.” The Winter Drawings were commissioned by the Saidye Bronfman Centre for the Arts as part of a public outreach project. Asking students to perform identical sets of conceptual instructions began as a mischievous intervention into the traditional high school art curriculum. The work, however, became a poignant viewpoint into the differences between a group of private school students and a group of public school students from the same neighborhood. At Lower Canada College they wear colorful school uniforms, carry ipods, and study in brightly lit classrooms. At the public school, classrooms are run-down, the uniforms of the students are drab and utilitarian, and their learning environment appears strikingly un-photogenic. While this work does not make the impossible promise to equalize the social disparity that is visible between these two schools, it allows us to witness how privileges are differently embodied. For another project recently enacted in Halifax, Moving the Weeds Around (2005), Borsato enlisted twenty-five volunteers to dig up weeds from cracks in the sidewalk and from alleys, and to replant them randomly in other parts of the city. Attempting to perform a meaningless gesture, the project foregrounded the very impossibility of action without meaning or consequence. One cannot perform these gestures randomly, without making aesthetic arrangements, or deliberate decisions. Should the weeds be re-rooted in a desolate lot in the troubled north-end, or in the middle of a well-manicured lawn? And as in The Winter Drawings, the gestures Borsato assigns may appear conceptual, humourous, and seemingly without consequence – but what emerges is the revelation that they cannot occur without critically illuminating the context in which they are performed. These two works, as well as other pieces from Borsato’s past oeuvre such as her reversal of the Joseph Beuys work, How a Dead Hare Explains Pictures (2004), clearly reference a history of conceptual art, fluxus, and performance. While the works often consist of simple gestures, they act as material metaphors that allow us to embody abstract ideas. While they out-smart the universalizing, modernist constraints that reduce human experience and empathy, they open up a space for critical insight and enable a different way of being present. Amish Morrell, 2006. Propos sur quelques Dessins transcendantsDans une œuvre de la série Les dessins d’hiver (2005), un groupe de jeunes filles sont réunies dans le stationnement de l’école publique Marymount, du quartier Côte-des-Neiges à Montréal. Projetant une image dure dans leur maquillage et leurs vêtements de style gothique, elles brandissent dans les airs un jet de flammes orange menaçant. Le texte qui accompagne la photographie présente une consigne simple, de type Fluxus, pour faire, comme l’indique l’artiste, Un dessin transcendant. On peut y lire : « Mettez le feu à un morceau de papier à croquis et regardez-le brûler en s’élevant dans le ciel. » Les dessins d’hiver ont été faits pour le Centre des arts Saidye Bronfman dans le cadre d’un projet visant à rejoindre de nouveaux publics. Demander à des élèves d’appliquer les mêmes directives conceptuelles annonçait, au départ, une immixtion surnoise dans le traditionnel programme d’enseignement des arts plastiques à l’école. L’œuvre s’est cependant transformée en un regard saisissant sur les différences entre deux groupes d’élèves, l’un provenant d’une école privé et l’autre d’une école publique du même quartier. Au Lower Canada College, ils portent des uniformes colorés, possèdent des iPod, et étudient dans des classes bien éclairées. À l’école publique, les classes sont défraîchies, les uniformes fades et purement fonctionnels, et le milieu d’apprentissage, nettement non photogénique. Sans faire l’impossible promesse d’aplanir la disparité sociale manifeste entre les deux écoles, l’œuvre de Borsato nous fait comprendre que les privilèges ne sont pas les mêmes partout. Pour le projet Déloger les mauvaises herbes (2005), qui s’est récemment déroulé à Halifax, l’artiste a recruté 25 volontaires dans le but d’extraire les plantes indésirables des crevasses du trottoir et des ruelles, pour ensuite les replanter ailleurs dans la ville. Cette action, qui se voulait dénuée de sens, a démontré l’impossibilité de poser un geste qui n’ait pas un sens ou une conséquence. On ne peut l’exécuter sans faire d’arrangements esthétiques ou sans prendre de décisions. Les mauvaises herbes devraient-elles être replantées dans un terrain perdu situé d’un quartier chaud du Nord de la ville ou en plein cœur d’une impeccable pelouse? Comme dans Les dessins d’hiver, les actions que sollicite ici Borsato passent pour conceptuelles, cocasses et sans conséquences, mais ce qu’elles révèlent surtout, c’est qu’elles ne peuvent se produire sans apporter un éclairage critique sur le contexte dans lequel elles s’accomplissent. Tout comme d’autres pièces de Borsato – telle Comment un lièvre mort explique la peinture (2004) qui est un détournement du travail de Beuys –, ces deux œuvres réfèrent visiblement à l’histoire de l’art conceptuel, à Fluxus et à la performance. Bien qu’elles consistent essentiellement en des gestes ordinaires, elles tiennent lieu de pertinentes métaphores pour donner corps à des idées abstraites. Transcendant les contraintes universalisantes du monde moderne qui restreignent l’expérience et l’empathie humaine, ces œuvres ouvrent la voie au discernement critique et à de nouvelles manières d’être présents. Amish Morrell, 2006.
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